En consultant l’agenda culturel de l’été, je l’avais repérée : une exposition de sculptures géantes, dans le parc d’Ar Milin à Chateaubourg.
Ce parc, je le connaissais comme de nombreux salariés en séminaire d’entreprises à Ar Milin. Entre 2 discours du patron, on allait flâner dans les allées. En aucun cas, un but de sortie pour les vacances. Mais ce jour de juillet pluvieux, pourquoi pas ? Je pénètre donc dans ce bel hôtel Ar Milin et m’aventure près de la rivière. Des totems colorés distraient mon regard. Je poursuis ma promenade et tombe nez à nez avec un animal bizarre, puis des créatures de bronze aux mains tendues vers le ciel. Magique !
Magique, ce jardin créé par la passion d’une famille : les Burel et métamorphosé par la poésie du paysagiste Jean Pierre Benet. Magiques, les sculptures magnifiées par cette nature forte et harmonieuse. Généralement, qui dit magie dit magicien. Une magicienne en fait : Gisèle Burel. Le saviez-vous ? Les fées d’aujourd’hui n’ont pas de baguette ni de chapeau pointu. Celle-ci est directrice financière de l’entreprise familiale.
Fée Gisèle est maligne. Quand il a fallu trouver une idée pour le cinquantenaire du parc d’Ar Milin en 2003, elle suggéra une exposition de sculptures monumentales. Qui avait deviné que sous cette proposition se cachait une passion ancienne, inexpliquée, "monumentale" pour la sculpture contemporaine ? Qui avait imaginé qu’elle aimait les Colonnes de Buren autant que celles de son bilan comptable ?
L’exposition eut donc lieu. Les visiteurs furent conquis. Les sculpteurs, ravis. Ce sont eux qui la supplièrent de continuer. C’est si difficile aujourd’hui pour un créateur de trouver un lieu d’exposition de cette qualité. Et de vendre à un public plus large que celui des collectivités publiques.