Dans toute femme sommeille une chercheuse d'or. Celle-ci se réveille à la salle des ventes à la vue d'un stock de vieux boutons de nacre ou dans un vide grenier devant une caisse de verres en cristal bleu.
Mais il y a dans cette quête un bonheur plus intense : trouver LA boutique de vêtements de vos rêves. Le pull en mohair gris qui ne vous coûte pas une semaine de salaire, l'étole pailletée, le tailleur fuschia destructuré vu dans un magazine italien… Ce bonheur, certaines d'entre nous, nées avec une cuillère d'argent dans la bouche ou ayant fait fortune dans l'informatique, le connaissent. Pour les autres, la mine d'or est plus dure à dénicher… Et il faut creuser longtemps ! Et bien moi qui vous écris, je l'ai trouvée. Et comme je suis bonne pomme, je vais vous dire où…
Je ne prends pas de grand risque, comme la collection change tous les quinze jours, le temps que vous lisiez ces lignes, le collier en résine de toutes les couleurs qui m'a fait craquer aura disparu… Non mais ! Gentille mais pas folle, Ana. Allez, j'avoue. J'ai déniché la boutique au 10 rue Baudrairie sans trop de mérite : elle est orange. Et là, amies rennaises, le cauchemar a commencé.
Un tee-shirt made in Los Angeles, une besace en daim fauve, un pantalon en tweed de chez X, (je n’ai pas le droit de citer la marque) mais c'est un monsieur très connu à Londres. J'en étais à me dire. "Ana, tu regardes, mais tu ne touches pas, inutile de regarder l'étiquette, pense à ton découvert." J'ai regardé. (la volonté n'est pas ma qualité première). Prix d'origine : 333 euros. Prix de vente à la boutique : 105 euros. Je me frotte les yeux. Si j'avais mis mes lunettes, j'aurais lu sur la vitrine "Des marques… et vous !", vêtements neufs dégriffés.
J'avise une jeune femme brune : "Mais je vous connais ? vous n'étiez pas dans une agence de voyages à Rennes ?" Confirmation. Odile Le Duc s'est mise à son compte. Encore une… ("qu'est ce que j'attends pour monter ma boîte") Interview entre la cabine d'essayage et les cintres…