37 ans. Elle en parait 10 de moins. Sylvie est un être rare et son parcours l'est tout autant. Il commence à 11 ans dans le labo photo d’un collège de la Manche.
Jeune étudiante, Sylvie vit dans la douceur de l'amitié d'une jeune peintre, et dans l'amour d'un jeune homme. A 25 ans, coup sur coup, son amie et son amour sont fauchés par la mort. “Je suis là aujourd'hui à cause de ces chagrins, puisque la vie était précaire, il fallait qu'elle soit belle. Mon exigence est née de ces drames et ce que mes amis n'ont pas accompli. Elle, sa vocation d'artiste et lui, sa passion de la photo, j'ai décidé de le faire pour eux…”
Sylvie achète à 26 ans un appareil d'occasion et se rend sur le marché des Lices. “J'avais un objectif de 50. Pour les non initiés, il oblige à prendre la photo proche de la personne. Impossible de se cacher. Impossible de voler l'image. Non, il faut aller à la rencontre de l'autre, lui parler avant de le photographier.”
Pour Sylvie, la photo est un médiateur entre elle et l'autre. Elle est le résultat de ce temps passé ensemble, de cette vie confiée, de cette émotion échangée. Une belle photo ? “Une équation parfaite entre le cœur, la tête et l'œil. Je le sais tout de suite”, ajoute-t-elle.